Contenu

Direction l'Italie avec villas palladiennes et jardins en Vénétie - mai 2016

La Vénétie est une campagne étendue, riche en vignobles réputés et parsemée de villes d'art comme Vérone, Vicence et Padoue. On y trouve les merveilleuses villas palladiennes et leurs séduisants jardins.

Retour sur le voyage annuel de l'APJRC : A la découverte des parcs et jardins de Vénétie
Du mardi 24 au vendredi 27 mai 2016
© APJRC / Michèle QUENTIN - Photos : Bernard Boudin et Jacques Pierlot
diaporama de photos sur notre bulletin pages 20-21


La république de Venise resta indépendante jusqu’en 1797, puis, après les conquêtes napoléoniennes, fut donnée par l’Empereur aux Autrichiens, devenant ainsi province de l’empire austro-hongrois. Lors de la troisième guerre d’indépendance en 1866, les Autrichiens cédèrent alors la Vénétie à l’empereur Napoléon III qui la rétrocéda à son tour à l’Italie réunifiée.
Pour le groupe qui débarque sur le sol italien, le dépaysement est marquant. Chez nous, l’ambiance est loin d’être sereine et la météo plus que capricieuse. Quel bonheur de se retrouver entre adhérents et d’oublier le froid glacial des dernières semaines dans l’hexagone.

La Vénétie est une campagne étendue, riche en vignobles réputés et parsemée de villes d’art comme Vérone, Vicence et Padoue.
On y trouve les merveilleuses villas palladiennes, chefs d’oeuvre de l’art et de l’architecture, fruit du génie d’Andrea Palladio qui oeuvrait dans la région au XVIème siècle. À cette époque, l’aristocratie vénitienne et de riches marchands possédaient, dans l’arrière pays, de vastes propriétés agraires. Les propriétaires y résidaient au printemps et à l’automne tant pour fuir la chaleur et l’humidité de Venise que s’assurer du travail des récoltes. Il fallait pour cette aristocratie des demeures imposantes, à l’image de leur magnificence ; cependant la structure des palais vénitiens était inadaptée à la fonction de ces édifices ruraux : gestion de vastes domaines agricoles, entrepôt du grain et du vin, contact avec la nature. La solution apportée par Palladio (1508-1580), en inventant une manière nouvelle de concevoir l’espace architectural, connut un succès sans précédent et encore aujourd’hui de nombreuses villas, au jeu de volumes impressionnants et entourées de jardins raffinés, se succèdent le long de la Brenta.
À l’époque, le jardin Renaissance s’épanouissait sur tous les territoires, allant jusqu’à imposer un style : le jardin à l’italienne avec les végétaux taillés, la présence de l’eau et l’utilisation d’une abondante statuaire, souvent issue de l’antique et intégrée au décor végétal.

La nature s’affirme dans l’ordre que l’homme lui impose et élève l’âme vers la beauté. Les jardins ne sont pas seulement un décor autour d’une maison : les végétaux dessinent des parterres géométriques, les allées aux perspectives fuyantes s’ouvrent sur la campagne environnante, faisant de ce paysage un élément esthétique du jardin. La symétrie, l’ordre et les proportions s’appuient sur la science géométrique. La perspective devient prioritaire, rendant essentiels les plans dégagés visibles de la villa. L’eau en cascade, chutes d’eau, jets d’eau, bassins et fontaines font partie intégrante du jardin italien. L’eauparcourt et lie les mondes minéral, végétal et animal, pour se déverser dans les bassins du jardin ou s‘écouler dans les grottes mystérieuses peuplées de coquillages et de chimères étranges.

Nous passerons les nuits de notre séjour à Arcugnano près de Vicence, dans l‘hôtel Villa Michelangelo. Située sur une colline et dominant la campagne environnante, cette ancienne maison de campagne bénéficie d’une tranquillité rare ! Pas de circulation, pas de bruit, des chambres confortables et une cuisine locale savoureuse, nous avons beaucoup apprécié !

Villa Pisani
Cette ancienne villa patricienne fut construite dans les années 1720 en bordure du canal de la Brenta, sur un projet de l’architecte Gerolamo Frigimelica.
Son commanditaire, Alvise Pisani (1664-1741), occupa le poste d’ambassadeur de la Sérénissime en Autriche, en Espagne et en France. En 1704, il est de retour de la prestigieuse cour de Louis XIV, avec d’autres ambitions… Après deux tentatives manquées, en 1722 puis 1732, il est finalement élu doge en 1735.
Les travaux sur le site de Strà commencent en 1719 par le chantier du jardin, un compromis entre le traditionnel jardin vénitien et des perspectives « versaillaises ». Ce n’est qu’en 1735, année de sa prestigieuse élection, que Pisani va faire édifier la villa-palais. Il est le 114ème Doge, le bâtiment comportera donc 114 pièces !
Le parc s’inscrit dans un grand hexagone évoquant le dessin d’un éventail. Tracé géométrique et grands axes rythment l’ensemble. De nombreuses fabriques agrémentent le site avec une statuaire abondante, ponctuant les clairières.
Près de la demeure, on accède à un labyrinthe autrefois planté de charmes remplacés depuis par des buis. Celui-ci conduit en son centre à une tour belvédère accessible par un escalier hélicoïdal d’où l’on peut guiderle voyageur égaré… Un canal central (délimitant autrefoisles grands parterres de broderie) fait suite au palais et dirige l’oeil vers un fastueux bâtiment à l’opposé, fermant la perspective. Ce n’est en fait qu’un trompe-l’oeil qui abrite certes deux orangeries et les écuries mais reste une illusionquant à ses dimensions réelles. Le « pendant » dupalais se reflète dans le grand bassin construit en 1911par la Marine Royale et qui était destiné à tester les maquettes de la navale…
La grande serre du jardin des agrumes évoque l’importantesource de revenus que représentait la culture desagrumes au XVIIIème siècle. À l’époque, la productionpermettait la vente de plus de 20 000 fruits par an sur lesmarchés alentours, dont celui de Padoue.

Les bâtiments, le parc et les jardins constituent donc un vaste ensemble, symbole de pouvoir, remanié à plusieurs reprises au XIXème siècle, notamment à l’époque napoléonienne (Eugène de Beauharnais fit intervenir le paysagiste Morel pour la replantation du parc), puis à nouveau au début du XXème siècle. L’état italien a entrepris depuis quinze ans une importante campagne de restauration du parc et des jardins. Le site accueille aujourd’hui 150 000 visiteurs par an (...).

Le compte-rendu complet : 12 pages et plus de 300 photos

Découverte de Vicence
Villa Barbarigo
Villa Capra la Rotonda
Giardino Giusti
Villa Rizzardi
Villa Arvedi
Villa Valmarana "Al Nani"
Jardin botanique de Padoue