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Retour sur le séjour en Hongrie

Échange de savoirs et savoir-faire dans les jardins historiques

Retour sur le séjour en Hongrie (16-21 avril 2018) : Échange de savoirs et savoir-faire dans les jardins historiques

L’objectif du projet « Échange de savoirs et savoir-faire dans les jardins historiques » est de permettre la rencontre de professionnels, gestionnaires et/ou propriétaires de jardins historiques afin échanger des compétences et des connaissances.
Six jours de rencontres et d’échanges se sont déroulés en Hongrie du 15 au 21 avril 2018.
Neuf personnes du consortium français ont pu dialoguer et échanger avec différents professionnels hongrois. L’accueil du groupe français a été organisé par Aniko Gál-Bélteki et Vince Zsigmond, Magyar Arborétumok és Botanikus Kertek Szövetsége (Association des jardins botaniques et arboretums de Hongrie).
Ces six journées, proposées par l’Association des jardins botaniques et arboretums de Hongrie se sont organisées en visites de terrain suivies de tables-rondes et en journées de formation et conférences.
Ces échanges ont permis de dialoguer sur la gestion différenciée et planifiée des parcs historiques et des arboretums, des collections botaniques, et sur le choix des techniques à mettre en oeuvre (gestion « traditionnelle » et techniques contemporaines, adéquation entre moyens et objectifs) ainsi que sur la valorisation de ces parcs et jardins.


BUDAPEST
Lundi 16 avril 2018 :  

Après-midi : 
Première rencontre entre les partenaires, visite commentée du jardin botanique de Budapest, sous la direction de Géza Kosa (directeur du jardin botanique de l’université Eötvös, Budapest), Vince Zsigmond (conservateur et directeur du jardin zoologique et botanique de Budapest) et Laszlo Papp (botaniste, jardin botanique de l’université Eötvös, Budapest). 20 personnes sont employées sur le site dont 14 jardiniers. Une zone est dédiée aux pratiques spécifiquement environnementales. Parallèlement, les jardiniers cultivent des nouveautés botaniques dont 80 taxons de Gingko biloba en pépinière. Le groupe français observe un hybride rare d’Osmanthus armatus x decorus.
Présentation des partenaires et des missions de chacun.




Mardi 17 avril 2018 :
STAGE D'OBSERVATION
Fehérvárcsurgó, Károlyi Kastely
György Károlyi (1802-1877) une figure prééminente de la première moitié du XIXe siècle a aménagé ce jardin paysager, s'étirant autour de la demeure historique de Fehérvárcsurgó (construit en 1844, à 80 km de distance de Budapest), et basé sur les dessins de l'architecte Heinrich Koch de Vienne. József Károlyi (1884-1934), le petit-fils de György fait reconstruire le jardin au début des années 1910 avec l'aide du jardinier paysagiste János Hein. Ce parc paysager, composé de couverts et de découverts, d’allées sinueuses et d’une allée de ceinture, d’un étang avec une île et de quelques fabriques dont des passerelles et un temple monoptère est en cours de restauration. Près du château un jardin en terrasses de type néo-baroque a été récemment restitué. La famille Károly, propriétaire historique du domaine saisi en 1956, a signé un bail emphytéotique avec l’État et gère actuellement le domaine. Une partie du château a été transformée en hôtel, des séminaires sont régulièrement organisés ainsi qu’une foire aux plantes annuelle.

Plusieurs étapes de restauration ont eu lieu :
reconstruction de la cour d'honneur en 2006,
jardin de fleurs en 2008,
nivellement des pentes en contrebas du château,
système hydraulique remis en état et reconstruction des ponts en 2015,
temple monoptère de l’île reconstruit en bois en 2016.
La fondation Joseph Károlyi organise chaque année depuis 2005, durant le premier week-end de juin, les « Journées Européennes des Plantes et de l'Art des Jardins ». C’est en moyenne 10 000 visiteurs qui se rendent à cet évènement, dont la 14e édition se déroulera le 1, 2, et 3 juin 2018 dans le parc de 50 hectares. Chaque année deux pays, en plus de la France, sont sélectionnés comme « pays invités d'honneur ». Il s’agit des pays qui président l’Union Européenne. Ainsi, cette année c’est la Bulgarie et l’Autriche qui ont été élus.
La restauration de ce parc est en cours. Le groupe français note une gestion intensive des parties boisées ou arborées, notamment par la plantation surabondante de massifs arbustifs horticoles en tailles architecturées alors qu’il aurait été souhaitable de laisser s’installer une régénération spontanée. Ce type de gestion risque à terme de mettre en péril la pérennité et altère la composition historique de ce parc paysager. D’autre part, ce type de plantations va s’avérer chronophage et onéreux. Le Plan de gestion proposé par le ministère de la culture s’avérerait tout à fait adapté à ce type de parc.

Badacsonyörs, Folly arboretum
L’arboretum Folly a été aménagé sur les coteaux plantés de vigne du lac Balaton il y a une centaine d’années par le Docteur Gyula Folly. Il est toujours géré par la famille Folly, en parallèle d’une activité viticole.
Cet arboretum, d’une surface de 3,06 hectares, présente une importante collection de conifères plantés par trois générations différentes et à grande valeur dendrologique.
Les principales espèces de conifères sont représentées, quelques spécimens remarquables par leur taille et fructification (Torreya californica, Taxus cuspidata, Cupressus arizonica, Abies pinsapo ‘glauca’) ou leur rareté.
Le domaine est entretenu par 8 jardiniers, dont 3 s’occupent de la collection de vivaces qui s’étend sur 1 hectare.
L’arboretum accueille chaque année 20 000 visiteurs.

Dég, Festetics-kastélypark
Le château a été construit entre 1810 et 1815 pour la Chambre de commerce impériale et royale d'Antal Festetics par l’architecte Mihaly Pollack. Aménagé sur une butte, le château domine un parc pittoresque en pente vers un grand étang long d’un kilomètre et demi, alimenté par la rivière Bozót. La « maison hollandaise », au bord du lac, a été bâtie en 1870. Dans les années 1920, Sándor Festetics a transformé et modernisé le château et le parc. La famille Festetics a quitté le domaine en 1944. Après la guerre le bâtiment a été transformé en pensionnat. Les larges pelouses entourant le château sont bordées de vieux arbres, les sous-bois tapissés d’ail des ours accueillent une fête annuelle dédiée à cette plante. Dans les années 1920, une roseraie et un court de tennis ont été aménagés près du château.

Propriété de l’État, le domaine bénéficie d’importantes subventions dans le cadre du programme opérationnel sur l'énergie environnementale depuis 2012. La phase la plus spectaculaire du projet de restauration, en 2014, est la remise en eau de l’étang, de la rivière artificielle et du système hydraulique. 11 ponts piétonniers ont été remis en état dans leur forme originale, l’ensemble des berges ainsi que plus de 3 kilomètres de sentiers pédestres. Un large pont piétonnier en bois permet d’accéder à la plus grande île où se trouve la maison hollandaise.
Gabor Alföldy, paysagiste, a été chargé de la restauration du domaine dès 2003. Après des recherches historiques et archivistiques, et de longues heures à parcourir le site et à s’imprégner de l’esprit du lieu, il a cherché à retrouver les vues et les perspectives. Un important travail d’élagage a ensuite été effectué, ainsi qu’une subtile remise en état des reliefs et des cheminements. Le dénivelé entre la façade sud du château et le l’étang est particulièrement réussi. Les massifs d’arbustes de sous-bois sont traités de manière naturelle, sans tailles architecturées.
Cette restauration effectuée sur le long terme, faisant preuve d’une grande sensibilité, est remarquable. Le site est traité d’une manière cohérente et respectueuse tant de l’histoire que de l’environnement. Cette gestion « légère » permet une restauration sur du long terme avec un budget responsable quant à l’entretien.

Mercredi 18 avril 2018 :
STAGE D'OBSERVATION
Alcsút, Alcústi arboretum
L’architecte Mihaly Pollack a construit le manoir pour le Duc Joseph de Habsbourg (passionné de botanique). Vers 1825 un parc paysager-arboretum est conçu. Des collines et des saillies rocheuses sont créées artificiellement sur le terrain plat ; 2 petits ruisseaux sont transformés en étang. Dès l’origine, de nombreux arbres rares et exotiques ont été plantés. Dévasté pendant la Seconde guerre Mondiale, le parc s’étend sur une quarantaine d’hectares, cet arboretum ouvert à la visite privilégie la biodiversité. Des visites spécialisées sont destinées au jeune public. Quelques fabriques, vestiges du parc pittoresque, subsistent ainsi qu’une remarquable rivière anglaise. L’arboretum qui présente de nombreux arbres devenus remarquables par leurs dimensions ou leur forme semble géré de façon forestière sans prise en compte de son intérêt historique.


Iszkaszentgyörgy, Amadé-Bajzáth-Pappenheim
Avant la visite du château d'Amadé-Bajzáth-Pappenheim, le maire de la commune, Attila Gáll, nous accueille à la mairie et nous dresse un état des lieux du domaine et de ses abords.
Le corps principal du château fut construit vers 1735 par le baron Antal Amade, dans un style baroque courant en Europe centrale. La région était particulièrement riche grâce à des mines de métaux précieux. Le château s’est agrandi au cours du XIXe siècle, a été remanié plusieurs fois jusqu’à la Seconde guerre Mondiale où il est confisqué à ses propriétaires, la famille Pappenheim, et tombe en déshérence. La municipalité d’Iszkaszentgyörgy, à la fin du régime communiste se voit attribuer la gestion de la propriété sans destination précise et y installe l’école du village, dans une partie du château. La municipalité, ne disposant pas de moyens suffisants pour s’occuper du domaine, cherche des solutions pour que ce patrimoine soit sauvegardé.
Ari Kupsus, finlandais vivant en Hongrie depuis une quinzaine d’années, tomba amoureux de ce château. Il l’occupe, grâce à un bail emphytéotique, et le restaure depuis une dizaine d’années. Il y organise des concerts et lève des fonds afin de financer des bourses d’étude pour des étudiants finlandais résidant au château.
La participation de l’État hongrois et de l’Union européenne, ainsi que de la Finlande, permet d’effectuer les travaux nécessaires à l’entretien du château.
De mai à septembre la « Kempele Gardening School » de Finlande envoie des jeunes jardiniers qui travaillent dans les jardins durant 3 semaines.
Devant le château, un jardin en terrasses ponctué d’arbustes taillés s’ouvre sur une vue protégée de la campagne hongroise offrant un intérêt remarquable. Ce jardin a été conçu au début du XXe siècle dans un style régulier par le jardinier Schusstig. Un grand parc paysager s’étend à l’arrière du château.
Les structures du jardin sont toujours en place, bien que très abimées à certains endroits. Une remise en état des infrastructures fragilisées est indispensable dans l’optique d’une utilisation pour des événements. Toutefois, des interventions légères sont souhaitables dans la mesure où les structures perdurent et permettent de comprendre l’évolution du jardin. Les arbustes taillés qui surplombent les murs de soutènement doivent être remis en forme pour assurer la cohérence du site. Une gestion différenciée des découverts permettrait de diminuer les coûts d’entretien tout en conservant une bonne lisibilité à l’ensemble.

Budapest, Jardin zoologique et botanique
Aménagé dans le Bois de la Ville, le jardin zoologique et botanique a été inauguré en 1866. D’une superficie de 18,4 hectares, il compte parmi les plus anciens zoos d'Europe. Outre ses 500 espèces d'animaux et ses 1 500 espèces végétales, il comporte des bâtiments intéressants. La structure métallique de la Serre (Pálmaház) a été conçue en 1917 par la Maison Eiffel. Les autres constructions anciennes, ont été, pour la plupart, dessinées par Károly Kós et Dezső Zrumeczky. Le zoo a été bombardé durant la Seconde guerre Mondiale et restauré dès 1950. Rebâti sur le modèle du zoo de Vincennes, il s'articule autour de deux grands rochers, et d'un lac. Des travaux ont été entrepris à la fin des années 2000 pour rénover le parc. La partie botanique se caractérise par un jardin japonais, un jardin de rocailles et de nombreuses plantes indigènes. La visite est guidée et commentée par Vince Zsigmond, conservateur et directeur du jardin zoologique et botanique de Budapest.


Jeudi 19 avril 2018 : Szarvas
Journée de formation à l’arboretum national de Szarvas

Théorie et pratique de plans de gestion de jardins : Joseph Lenoir, jardinier au Ministère de la culture et Pierre Bonnaure, jardinier en chef du Palais de l'Élysée
Pierre Bonnaure et Joseph Lenoir expliquent comment les plans de gestion ont été mis en place dans les jardins de l’État en France. Joseph Lenoir présente son expérience personnelle du plan de gestion du jardin des Archives nationales à Paris.
Les questions des auditeurs portent sur : les modalités de mise en place d’un plan de gestion, de sa durée et de son coût, de l’intérêt des études historiques et de l’importance du savoir-faire des jardiniers. Que faire en cas de catastrophe naturelle (tempête) ? Peut-on pratiquer une gestion forestière dans un parc historique ? Le débat s’engage sur l’intérêt du plan de gestion en économie de temps de travail des jardiniers, donc d’économie financière. Le plan de gestion ne relève pas d’une recette universelle mais doit être adapté à chaque site et à chaque propriétaire. En France, en cas de déclaration de catastrophe naturelle, l’État aide financièrement les propriétaires de parcs et jardins. Les pratiques diffèrent entre la Hongrie et la France pour ce qui concerne la politique de gestion des zones boisées. Il semblerait que les Hongrois expérimentent une gestion forestière dans leurs parcs historiques alors qu’en France les parcs historiques ne sont pas gérés comme des forêts.

Programme national de restauration des châteaux, forteresses et jardins en Hongrie : Anita Szabadics, responsable de l’organisme non lucratif du patrimoine national
L’organisme non lucratif du patrimoine national a été créé en 2017, il est en charge du programme de restauration des 18 sites (principalement châteaux et forteresses) inscrits au programme. Ce programme national, à vocation touristique, est soutenu par l’Union européenne à hauteur de 30 milliards de forints abondés par 7 milliards provenant de l’État. Ses objectifs sont la mise en place d’une documentation historique (plans, iconographie, bibliographie, archives, etc.) pour conserver à long terme le patrimoine national. Ils s’entourent d’experts (archéologues, historiens de l’art, paysagistes, architectes, et spécialistes du tourisme). Les principaux problèmes relèvent des statuts juridiques des parcs et jardins qui diffèrent suivant les propriétaires et gestionnaires. Les principaux enjeux sont de planifier les travaux afin de conserver la cohérence des sites et de définir leurs fonctions. De nombreux parcs et jardins (Dég, Bajna, Szabadkigyos, Tiszadob, Tata, Sümeg, Benczürfalva, Komlodtotfalu) de différentes périodes historiques sont cités en exemples. Tous ces sites sont inaliénables et subventionnés par l’office du Premier ministre à hauteur de 500 000 euros par lieu.
Le principe retenu par cet organisme est une restauration à l’identique de ces sites, tout en développant leurs atouts touristiques afin qu’ils puissent fonctionner en autonomie sans subvention. La question de la valorisation touristique sans altération du caractère patrimonial des domaines est primordiale. Un label est en cours de création et permettra d’identifier ces lieux.

La gestion des jardins historiques du programme national : Kristián Egervári, responsable technique à l’organisme non lucratif du patrimoine national
Kristián Egervári explique qu’après la Seconde guerre Mondiale, les parcs ont été saisis par l’État et certains gérés par des institutions forestières. Les parcs et jardins ne sont pas reconnus comme patrimoine et ne sont protégés que depuis peu. Il détaille les approches techniques mises en oeuvre dans différents sites. De nombreux problèmes et défis se posent :
- difficulté de trouver de la main d’oeuvre compétente et pérenne ;
- mise en place et mutualisation de bons moyens techniques ;
- problèmes liés aux végétaux, au climat, et à la faune ;
- identification des maladies et traitements.
Les objectifs sont de former des professionnels compétents et de valoriser les métiers du patrimoine et des jardins. Un chantier école est en cours de création.
Afin de réaliser des économies d’échelle, le recours à l’éco-pâturage et aux acteurs locaux est à l’étude.
Les questions portent principalement sur la gestion des arbres et sur les pathologies végétales.

Taille et préservation du patrimoine arboré : Jac Boutaud, ingénieur horticole, formateur à l’association des parcs et jardins de la région Centre Val-de-Loire (APJRC)
Afin d'être pertinente, la taille des arbres doit toujours être précédée d'une analyse cohérente, dont voici les principaux éléments : analyse du site lui-même, du contexte historique et des objectifs paysagers ; analyse des arbres, de leur état sanitaire et de leur conduite actuelle ; synthèse de tous ces éléments afin de déterminer les interventions adaptées et leur planification ; réalisation des tailles puis analyse des réactions des arbres pour éventuellement modifier le programme.
Les bonnes pratiques de taille en fonction des principales formes libres ou architecturées sont présentées, de même que les tailles préjudiciables aux arbres. Dans le cas de peuplements trop denses, des éclaircies de type forestier remplacent avantageusement les tailles répétitives. Par ailleurs, chaque fois que possible, il est préférable de délimiter un périmètre de sécurité autour des arbres fragiles plutôt que de les tailler fortement.
Les questions portent d’abord sur la prise en compte de l’esthétique dans la conservation des arbres et également sur la gestion à long terme des alignements.
Des questions plus techniques se font jour comme la problématique des plaies après une taille, les relations entre le houppier et les racines ou l’utilisation de nacelles plutôt que de grimpeurs. Un débat s’engage sur la pertinence à exercer des tailles de rajeunissement sur les arbres et les arbustes.

Façonner et dresser des bordures à la bêche : Jean-Michel Sainsard, expert parcs et jardins au ministère de la culture et Joseph Lenoir, chef jardinier au ministère de la culture
Dans son traité Instructions pour les jardins fruitiers et potagers parut en 1690, Jean-Baptiste la Quintinie disait « Je n'aurai pas de peine à prouver que la figure de nos jardins doit être agréable ; il est nécessaire que les yeux y trouvent d'abord de quoi être content et qu'il n'y ait rien de bizarre qui les blesse ... »
À l’aide d’une présentation historique montrant de nombreux documents anciens, Jean-Michel Sainsard et Joseph Lenoir montrent que l’utilisation des voliges dans les parterres réguliers est une pratique récente. La volige blesse le jardin … La plupart des voliges proposées sont des voliges « de propreté ». Considérées comme pratiques, elles se sont installées progressivement dans les jardins publics à partir des années 1990 dans les espaces verts où l’entretien était difficile comme les aires d’autoroute, les ronds-points, les nouvelles gares TGV, les parking et centres commerciaux. Complètement étrangères aux compositions originelles des jardins historiques, les paysagistes et les jardiniers pensent toutefois qu’elles facilitent l'entretien et qu’elles soulagent le travail du jardinier.
Or, un jardin est un lieu cultivé par l’homme. Être jardinier d’un jardin historique c’est transmettre la mémoire des gestes et du lieu. Tondre une palissade au croissant, tailler les rosiers au sécateur, dresser les allées au râteau de fer et enfin découper les bordures de gazon à la bêche sont des gestes de jardinier. Ce sont des gestes visibles qui indiquent la présence de l’homme dans le jardin. Enlever ces gestes, c'est éloigner l’homme du jardin.

Former les professionnels à la gestion des jardins historiques : Jac Boutaud, ingénieur horticole, formateur à l’association des parcs et jardins de la région Centre Val-de-Loire (APJRC) et Myriam Nègre, responsable de formation chez Enneade
Formateur spécialisé sur les tailles et la gestion d’arbres et d’arbustes, Jac Boutaud dresse un inventaire des formations à la disposition des jardiniers et des gestionnaires de jardins publics. De nombreux exemples montrent tant les tailles de formation que d’entretien dans les jardins urbains et les parcs historiques. Il insiste sur les conditions à réunir dans l'organisation des formations pour qu'elles atteignent au mieux leurs objectifs. Myriam Nègre s’attache à présenter les formations que le ministère de la culture propose à ces agents chaque année. Elle présente les 5 modules mis en place sur l’histoire de l’art des jardins : Initiation à l'histoire de l'art des jardins ; Le jardin régulier de l'Antiquité au milieu du XVIIe siècle ; Le jardin régulier du milieu des XIXe et XXe siècles ; Le jardin irrégulier du milieu du XVIIIe au milieu du XIXe siècle et Le jardin irrégulier du milieu du XIXe siècle à nos jours ».


À l’issue de cette journée riche en échanges et en partage d’expériences, une promenade en bateau sur la rivière Holt-Körös est effectué à bord du bateau Katalin II piloté par le capitaine Istvan Demeter. Cette excursion permet d’avoir un autre point de vue sur l’arboretum de Szarvas et d’apprécier d’immenses cyprès chauves et leurs imposants pneumatophores.





Vendredi 20 avril 2018 : Szarvas
Journée de formation à l’arboretum national de Szarvas

La promotion des jardins aux niveaux national et local : Marie-Hélène Bénetière, historienne de l’art des jardins, chargée de mission pour les parcs et jardins au ministère de la culture et Michèle Quentin, déléguée de l’association des parcs et jardins de la région Centre Val-de-Loire (APJRC)
Marie-Hélène Bénetière explique la politique du ministère de la culture pour valoriser les jardins. Les stratégies institutionnelles passent par des événements nationaux du type « Rendez-vous aux jardins », par des campagnes de promotion vers le jeune public « Adoptez un jardin », mais également par des labels tel le « Label jardin remarquable ». En outre, le site Internet du ministère met à disposition de nombreuses informations et documents, dont un cours en ligne intitulé « Les jardins : un patrimoine à conserver et à valoriser ». Michèle Quentin, quant à elle, présente les stratégies déployées par les propriétaires privés et les associations. Elle montre les différents types d’événements qui peuvent être organisés dans les jardins (visites commentées, visites thématiques, concerts, spectacles, ateliers, etc.). Elle présente également des initiatives de la région Centre-Val de Loire comme la route des iris ainsi que les routes européennes des jardins.

Les questions portent principalement sur la promotion touristique menée par les organismes institutionnels en région et dans les départements.

Les outils de communication : Alix de Saint Venant, paysagiste et botaniste spécialisée dans la restauration et la gestion des parcs historiques, administratrice de l’APJRC
En préambule, Alix de Saint Venant présente un film publicitaire sur la restauration des jardins de Chambord et indique qu’il est indispensable de disposer de très bonnes photos (et si possible de très bonnes vidéos) libres de droits, tant terrestres qu’aériennes. Il faut également effectuer une veille permanente sur le web.
La communication interne comprend l’étiquetage botanique, la signalétique et les documents de visite (plan, texte historique/descriptif, livrets adaptés aux enfant ou aux personnes handicapées). En France, les porteurs de la marque Qualité TourismeTM doivent produire une signalétique entièrement bilingue.
Les outils de communication externe – dossier et communiqués de presse, newsletters, site web, réseaux sociaux – doivent bénéficier d’une charte graphique et présenter une image en adéquation avec l’identité du jardin.
Des types de supports variés doivent être mis en oeuvre pour la promotion d’un lieu. Parmi ceux qui sont payants, on peut citer les films promotionnels, les affiches, les dépliants, l’achat d’espace dans les médias (papier, radio, télévision, sites web, médias sociaux) ; parmi les gratuits : blogs, articles rédactionnels dans des revues spécialisées ou magazines touristiques, interviews ou chroniques radio, TV, reportages dans des émissions jardin, nature ou culture.

Les questions portent principalement sur le coût et l'efficacité de ces communications.

Le tourisme de jardin : Michèle Quentin, déléguée de l’association des parcs et jardins de la région Centre Val-de-Loire (APJRC) et Alix de Saint Venant, paysagiste et botaniste spécialisée dans la restauration et la gestion des parcs historiques, administratrice de l’APJRC
Elles présentent le label « Qualité tourisme ». Cette marque, créé par l’État, sélectionne et fédère sous un même symbole les démarches qualité engagées par les professionnels du tourisme, en vue d'améliorer continuellement les prestations en direction d’une clientèle touristique. Cette marque vise à renforcer la qualité de la destination France, tant pour la clientèle internationale que nationale.
À travers la marque Qualité tourisme™, les professionnels du tourisme s'engagent à respecter un ensemble de critères : un accueil chaleureux, un personnel attentif, la maîtrise des langues étrangères, des prestations personnalisées, des informations claires et précises, une propreté et un confort assurés, la découverte d'une destination et la prise en compte des avis des clients.
Pour obtenir cette marque, les professionnels doivent suivre avec succès une démarche conforme aux engagements nationaux de qualité requis. Ils sont à l'écoute des clients par le biais de l'analyse systématique des enquêtes de satisfaction. Leurs prestations sont soumises à un contrôle indépendant, tous les trois ans au minimum, sous forme d'une visite surprise réalisé par un cabinet extérieur et indépendant. Cette mise à niveau est très exigeante en temps et en investissement financier mais permet de professionnaliser l’accueil du public.

Une question sur le coût d’un jardin et sur sa rentabilité est posée. En France, très peu de jardins équilibrent leur budget.

Les nouvelles voies du tourisme de jardin : Dr Réka Folly, administratice de l’arboretum Folly
Le docteur Réka Folly présente l’arboretum âgé de 113 ans, d’une surface de 5 hectares, il est au coeur d’un domaine viticole de 6 hectares sur les pentes du lac Balaton. Créé par son grand père, sa famille a dû le racheter après la nationalisation communiste. Il existe 45 arboretums en Hongrie. L’agence du tourisme de Hongrie a classé les régions touristiques du pays, Budapest en premier puis le lac Balaton en deuxième. La principale difficulté est de faire revenir les visiteurs, il faut trouver de nouveaux arguments pour les « ré-attirer ». L’esthétique est importante mais le confort de la visite ainsi que la diversité des produits de la boutique le sont aussi. Elle conclut en disant que la fréquentation de son arboretum est en constante augmentation depuis 2010 ainsi que les bénéfices.



Les animations dans les jardins : Pierre Bonnaure, jardinier en chef du Palais de l'Élysée et Alix de Saint Venant, paysagiste et botaniste spécialisée dans la restauration et la gestion des parcs historiques, administratrice de l’APJRC
Les jardins sont par-eux-même une animation permanente : les plantes qui changent au fil des saisons, les animaux sauvages (de l’insecte au chevreuil) et les animaux domestiques. Il est aisé d’en faire prendre conscience aux visiteurs. Des ateliers (parfum, cuisine, peinture, tressage végétal...) et des concours (art floral, dessin, photo, poésie…) permettent de faire participer le public à la vie du jardin. Des expositions, spectacles et fêtes des plantes complètent les animations possibles.





Les Rendez-vous aux jardins : Marie-Hélène Bénetière, historienne de l’art des jardins, chargée de mission pour les parcs et jardins au ministère de la culture
Marie-Hélène Bénetière indique que les Rendez-vous aux jardins sont une opération de promotion des jardins publics et privés mise en place en 2003 par le ministère de la culture. Cette manifestation a lieu chaque année durant le 1er week-end du mois de juin en France métropolitaine et en Outre-mer. Un peu plus de 2 000 jardins sont ouverts à la visite dont 500 de manière exceptionnelle. Cette manifestation attire plus de 2 millions de visiteurs chaque année. Le vendredi est plutôt destiné au jeune public, des classes sont reçues pour des visites commentées et des ateliers dans les parcs et jardins. Pour la 1ère fois en 2018, les Rendez-vous aux jardins s’ouvrent à l’Europe : 16 pays vont y participer (Allemagne, Belgique, Croatie, Espagne, Estonie, France, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Monaco, Pays-Bas, Pologne, Slovénie, Slovaquie, Suisse). Les Rendez-vous aux jardins auront lieu dans tous ces pays d’Europe, le même week-end, sur la même thématique et avec le même visuel. En Hongrie, 7 parcs ou jardins souhaitent participer.
Les questions portent sur les conditions de participation, le formulaire à remplir, le calendrier, le type d’animations à proposer aux visiteurs et sur le budget mis en oeuvre par le ministère de la culture français.

Patrimoine monumental, architectural, urbain et paysager : outils, enjeux et acteurs : Jean-Michel Sainsard, expert parcs et jardins au ministère de la culture
Jean-Michel Sainsard revient de manière synthétique sur la loi sur les monuments historiques concernant les parcs et jardins.
En tant qu’immeubles, les parcs et jardins ayant un intérêt historique, artistique ou architectural, peuvent bénéficier de la protection au titre des monuments historiques en application du Code du patrimoine (Livre VI, titres I et II). Deux niveaux de protection existent : le classement ou l’inscription, le classement étant le plus haut niveau de protection. Le service en charge des jardins historiques est la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC), dont les services patrimoniaux sont à même d'orienter vers les professionnels et experts compétents, notamment pour l'élaboration des projets de restauration et des plans de gestion. Ces mesures d'inscription ou de classement sont assorties de procédures d'autorisation de travaux, de règles spécifiques en matière de maîtrise d'oeuvre et d'ouvrage. Elles donnent droit sous certaines réserves à des subventions de l'État et/ou à des aides fiscales pour les propriétaires privés.
Les questions portent sur la manière de chiffrer la valeur des monuments protégés en fonction de leur valeur marchande. Comment déterminer la perte de valeur d’un jardin ? Le débat s’engage sur le « barème d’aménité » face à la valeur marchande.

Vácrátót, le jardin de l’Académie nationale des sciences : Gésa Kósa, président de l’association MABOSZ
Gésa Kósa propose une histoire des jardins hongrois depuis le Moyen Âge. À cette époque, tous les jardins étaient semblables car l’Europe était unie par le christianisme. En Hongrie, les Turcs et l’Empire ottoman ont mis à mal cet ordre en pillant le patrimoine, puis au XXe siècle, les soviétiques ont détruit le patrimoine. Les jardins baroques ont été souvent abandonnés car ils ne correspondaient pas à l’esthétique que la Réforme voulait imposer aux Hongrois. Ces derniers ont préféré aménager des parcs et jardins paysagers. Après la Première guerre Mondiale, le Traité de Trianon a fait perdre les 2/3 tiers du territoire hongrois.
Le jardin Vácrátót a été aménagé dans le style romantique au XIXe siècle, il a été transformé en arboretum et légué à l’Académie nationale des sciences. Tous les bâtiments ont été détruits par les communistes. La gestion est difficile car les protections relèvent à la fois du patrimoine monumental et du patrimoine naturel. L’utilisation de produits phytosanitaires est proscrite dans ce parc, la serre est chauffée par géothermie. Ce parc mesure 27 hectares et conserve 13 000 taxons, il est ouvert gratuitement au public. La mission scientifique de l’équipe gestionnaire est la conservation de la biodiversité, l’inventaire des collections et la mise à jour de la base de données, la publication de l’index seminum. L’arboretum est en contact avec 700 autres collections pour des échanges.

La journée se termine par une visite commentée de l’arboretum de Szarvas sous la conduite de sa directrice, Katalin Hanyecz. Cet arboretum, le plus grand de Hongrie, occupe 82 hectares le long de la rivière Körös. Il a été planté par le comte Pál Bolza à la fin des années 1880. De nombreux arbres provenant du monde entier ont été plantés là, la collection se compose de plus de 1 600 espèces d’arbres et d’arbustes.
Dans ce parc magnifique, de nombreux arbres ont atteint de grandes dimensions. Parmi eux, un Sorbus torminalis et plusieurs Corylus colurna ont été très remarqués. Certains arbres âgés présentent des fragilités mécaniques importantes liées à l'action de champignons lignivores. Des mises en sécurité avec des périmètres fermés au public ou des tailles d’accompagnement du déclin seraient certainement souhaitables.



Samedi 21 avril 2018 : 
STAGE D'OBSERVATION
Szabadkígyós, parc du château de Wenckheim
Visite du jardin et du parc sous la conduite des paysagistes Ágnes Herczeg et Dóra Annus. Le château et le parc comptent parmi les plus importants de Hongrie. L’architecte Miklós Ybl l’a conçu pour la famille Wenckheim, une des plus importante famille aristocratique du pays, entre 1875 et 1879 dans un domaine agricole de plus de 43 000 hectares. La famille Wenckheim ayant fui à Vienne en 1944, la propriété a été nationalisée et transformée en école supérieure d’agronomie. Actuellement, les 24 hectares du parc et du château sont la propriété de l’État. Un jardin régulier avec un bassin est aménagé près du château alors que des prairies, un terrain de polo, des couverts, un lac et un système hydraulique complexe forment le parc paysager arrosé par une source thermale. Des arbres de dimensions exceptionnelles (Quercus, Fraxinus, Platanus...) ont été admirés. Ils démontrent la grande qualité des sols de la région et de la bonne préservation du site au fil des temps.
Le principe de restauration, après une campagne de fouilles, est une restitution à l’identique à partir des vestiges du terrain et des plans historiques.


Tiszarkürt, Tiszarkürti arboretum
Visite de l’arboretum sous la conduite de son directeur, László Tálas.
Tout d’abord parc de chasse aménagé dans des terres inondables par le comte Lajos de Tige, dans une zone très marécageuse près de la rivière Tisza, les terrains ont été asséchés par l’ingénieur militaire Joseph Bolza pour y installer un parc de 17 hectares. De nombreux arbres indigènes et étrangers y ont été plantés à la fin du XIXe siècle (Platanus, Fagus, Quercus, Pinus, Abies, etc.) ainsi que d’autres plantes (Geranium, Juniperus, etc.) par les frères Joseph et Pál Bolza. En 1944, les soldats russes s’installent au château et y commettent des dommages. Le parc devient une propriété de l’État en 1946, non entretenu, il devient une espèce de jungle où heureusement de nombreux arbres ont résisté jusqu'à maintenant, certains étant devenus remarquables. En 1961, l’ingénieur Alajos Bauecker propose un projet de restructuration en disposant les arbres par familles botaniques. Il restera consultant jusqu'à sa mort en 1984. Le sauvetage du parc a été possible grâce à de nouvelles plantations de plantes indigènes ou provenant du monde entier issues des pépinières de la région et d’un travail régulier d’entretien et de sélection ainsi que d’un climat favorable. En voyant les résultats obtenus en 1971, le Conseil du comté déclare l’arboretum zone protégée et l’agrandissent de 10 hectares en utilisant des techniques à la fois agricoles et forestières. L’arboretum est une institution indépendante financièrement depuis 1990 et ne cesse de grandir. Aujourd’hui d’une surface totale de 60 hectares, il est protégé comme « réserve naturelle nationale » depuis 2001.

À l’issue de ce séjour de 6 jours riche en découvertes et en échanges, les participants français et hongrois souhaitent poursuivre leur collaboration.
Les Hongrois désirent des coopérations pour les formations qui pourraient s’étendrent à tous les jardins botaniques du groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie). Former les étudiants et les jeunes professionnels à conserver des collections de plantes. Les Français mentionnent la seule formation qui existe en France et qui délivre le diplôme de jardinier-botaniste à l’école d’agriculture de Château Farine (Doubs).
Les souhaits portent également sur l’organisation d’une académie d’été sur la gestion des jardins historiques qui pourrait avoir lieu en Hongrie. Les Hongrois sont prêts à l’organiser et à trouver des financements européens pour la mettre en oeuvre. L’expérience hongroise en matière de financements européens et de programmes Interreg et leur bonne intégration dans le réseau européen des jardins botaniques devrait faciliter la mise en place de ce projet.


Les participants hongrois
Aniko Gál-Bélteki, Association MABOSZ (Magyar Arborétumok és Botanikus Kertek Szövetsége)
Vince Zsigmond, conservateur et directeur du jardin zoologique et botanique de Budapest
Laszlo Papp, botaniste, jardin botanique de l’université Eötvös, Budapest
Katalin Takács, paysagiste, Université Szent István
Kato Szanto, paysagiste, enseignante à l’école d’architecture de Paris La Villette
Gésa Kósa, directeur du jardin botanique de l’université Eötvös de Budapest et président de l’association MABOSZ
Dr Réka Folly, administratice de l’arboretum Folly
Katalin Hanyecz, directrice de l’arboretum de Szarvas
Mme Károly, gestionnaire du Festetics-kastélypark
Gabor Alföldy, paysagiste et spécialiste du patrimoine
Anita Szabadics, responsable de l’organisme non lucratif du patrimoine national NÖF
Kristián Egervári, responsable technique à l’organisme non lucratif du patrimoine national NÖF
Erzsébet Babayné Boronkai, Botanical Garden Univ. Pécs
Zita Gódorné Hazenauer, FM KASZK Varga Márton Szakgimnázium
Anna Móricz, Egyéni vállalkozó
Szabolcs Megyeri, Budapest Főváros XIV, kerület Zugló Önkormányzata
György Tihanyi, Kós Károly Művészeti Szakgimnázium Diószegi Sámuel Botanikus Kertje
Adrienn Szászné Várkonyi, Gyulai Polgármesteri Hivatal
Barbara Sólyom, Nemzeti Botanikus Kert
Géza Kósa Nemzeti Botanikus Kert
Renáta Rétfalvi-Pap, DOS Studio Kft.
Gábor Levente Molnár, DOS Studio Kft.
Krisztina Neruda, Tarcus-Pro KFT
Judit Szabadhegyi, Miniszterelnökség
Gergely Hajdu-Nagy, Miniszterelnökség
Mária Windisch, Károlyi József Alapítvány, Fehérvárcsurgó
Gábor Gyenes, Agacsi Bt.
Istvánné Sipos , KEFAG Zrt.
Ágnes Bechtold, Nemzeti Örökségvédelmi Fejlesztési Nonprofit Kft.
Anikó Szabó, SZIE Szarvasi Arborétum
Edina Balázs, NÖF Nemzeti Örökségvédelmi és Fejlesztési Nkft.
Zita Németh, NÖF Nonprofit Kft.
Mária Klagyivik, NÖF Nonprofit Kft.
Zsuzsa Gerákné Árvai, NÖF Nonprofit Kft.
Mária Höhn, Université Szent István et jardin botanique Soroksári
Krisztián Egervári, NÖF NKft.
László Orlóci, ELTE Füvészkert
Nándor Pálházy, NÖF Nemzeti Örökségvédelmi Fejlesztési Nonprofit Kft
Gábor Málnási Csizmadia, Növényi Diverzitás Központ
Ségolène Gaillon, stagiaire au jardin zoologique et botanique de Budapest
Annamária Litus, NÖF Nemzeti Örökségvédelmi Fejlesztési Nonprofit Kft
Katalin Devescovi, Gyógynövénykutató Intézet Kft.
László Tálas, directeur de l’arboretum Tiszakürti Arborétum
Ágnes Herczeg, Pagony Táj- és Kertépítész Iroda
Dóra Annus, Pagony Táj- és Kertépítész Iroda

Les participants français
Marie-Hélène Bénetière, historienne de l’art des jardins, chargée de mission pour les parcs et jardins au ministère de la culture.
Jac Boutaud, ingénieur horticole, formateur à l’association des parcs et jardins de la région Centre Val-de-Loire (APJRC), gestionnaire du patrimoine arboré de la ville de Tours
Pierre Bonnaure, jardinier en chef du Palais de l'Élysée
Joseph Lenoir, chef jardinier au ministère de la culture
Denis Mirallié, ingénieur horticole et paysagiste, formateur chez Enneade
Myriam Nègre, responsable de formation chez Enneade.
Michèle Quentin, déléguée de l’association des parcs et jardins de la région Centre Val-de-Loire (APJRC).
Jean-Michel Sainsard, expert parcs et jardins au ministère de la culture.
Alix de Saint Venant, paysagiste et botaniste spécialisée dans la restauration et la gestion des parcs historiques, administratrice de l’APJRC.